L’ÉTÉ DES AUTRES
Simon Martin
May 17 – June 16, 2018.

Simon Martin, L’ÉTÉ DES AUTRES, Monteverita, MonteveritaParis
Simon Martin, Christine, 2018, oil on canvas, 38 x 46 cm.
Annabelle et Nicolas, 2018, oil on canvas, 52 x 61 cm.
Sabrine, 2018, oil on canvas, 40 x 44 cm.
L’ombre sur ton épaule, 2018, oil on canvas, 24 x 19 cm.

Simon Martin, L’ÉTÉ DES AUTRES, Monteverita, MonteveritaParis
Simon Martin, Figure, 2018, oil on canvas, 24 x 19 cm.

Simon Martin, L’ÉTÉ DES AUTRES, Monteverita, MonteveritaParis
Simon Martin, Atelier III, 2018, oil on canvas, 195 x 130 cm.
Simon Martin, L’ÉTÉ DES AUTRES, Monteverita, MonteveritaParis
Simon Martin, Les ibis, 2018, oil on canvas, 60 x 73.

Simon Martin, L’ÉTÉ DES AUTRES, Monteverita, MonteveritaParis
Simon Martin, L’ombre sur ton épaule, 2018, oil on canvas, 24 x 19 cm.

Simon Martin, L’ÉTÉ DES AUTRES, Monteverita, MonteveritaParis
Simon Martin, KALLAX, 2018, oil on canvas, 162 x 114 cm.

M O N T E V E R I T A presents L’été des autres, Simon Martin’s first solo show.

Bringing together a series of oil paintings on canvas produced in 2018, this exhibition evokes contemplation and bears witness to the paradoxical position of the artist, both as a distant observer and as an integral part of a world in motion.

By depicting individuals with closed eyes, in a series of paintings of sleepers, the artist highlights the autonomous existence of the other, the impassable barrier that separates beings.

Born in Vitry sur Seine in 1992, Simon Martin graduated from the Beaux Arts de Paris in 2017 and received the Prix des Amis des Beaux Arts the same year.

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Light is the raw material for Simon Martin’s paintings.
Like Giorgio Morandi, the artist wants to reduce the pictorial object to what he calls « the most synthetic volume possible », filtering out any parasitic narrative, any element of context, any intention of ornament or decoration in order to extract the essence contained in the variation of tones, clarity, depth.

Stripping away the figurative form, evacuating the question of the subject to paint what we have in front of us. The artist will seek in his work of composition, which he cuts into several sequences and several times, the nonchalance of models in a state of rest, quiet, serene. However, this compound of reality, finally dense and intense, is far from being lazy, dissolving the mineral hardness of the greys to make blues, browns, to forcefully wrest a little softness from the rigidity.

« I want to be happy, » confides Simon Martin, his face soothed in the image of his figures. The perceptual disturbances at work in his paintings are intruding in a space between spontaneity and composition. In the service of expression, the light-matter abandons narration to program its own journey where power is peaceful, where the grandiose is drowsy.

Elisa Rigoulet

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Simon Martin’s paintings are the result of a careful observation of certain details from his daily environment or of works to which a feeling of empathy links him. It is a slow process of impregnation, a bit like a recording device that absorbs the visible to restore certain fra- ments that have been matured and chosen over a long period of time.

The light and soft pictorial material seems to be perceived through a filter that attenuates the brilliance of the colours so that it does not harm the view. The figures are shadows, they emerge from the plane of the canvas as if they were coming from the surface of a porous, rain-washed wall.

There is also the idea of an overlap, an ellipse of things, things invisible but present under the paint that tenuously covers them. The visible takes on even more strength, like the emerged part of an iceberg whose whiteness sparkles on the horizon.

What can be seen is thus linked with what escapes the eye, these two states melted into a grey muralism modulated by tiny variations of blue or pink.

It is a painting of the elaborate nuance between almost nothing and almost everything, a suggestion of images thought out and formed from the collisions between memory and present, a present perceptible through a door, an Ikea piece of furniture or the evocation of a face, clues to a reality assimilated to a mental and physical situation.

From this situation of consciousness, Simon Martin develops a subtle art, a pictorial translation of the presence of objects and beings, a discreet and precise presence like the twitching of a leaf agitated by the breeze.

Marc Desgrandchamps

 

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M O N T E V E R I T A présente L’été des autres, première exposition personnelle de Simon Martin.

Réunissant un ensemble de peintures à l’huile sur toile réalisées en 2018, cette exposition évoque la contemplation et témoigne de la position paradoxale de l’artiste, à la fois observateur distant et partie intégrante d’un monde en mouvement.

En représentant des individus aux yeux clos, dans une série de peintures de dormeurs, l’artiste, met en lumière l’existence autonome de l’autre, la barrière infranchissable qui sépare les êtres.

Né à Vitry sur Seine en 1992, Simon Martin a été diplômé des Beaux Arts de Paris en 2017 et a reçu le Prix des Amis des beaux Arts la même année.

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La lumière constitue la matière première de la peinture de Simon Martin.
A la manière de Giorgio Morandi, l’artiste veut réduire l’objet pictural à ce qu’il désigne comme le « volume le plus synthétique possible », filtrer toute narration parasitaire, tout élément de contexte, toute intention d’ornement ou de décor pour extraire l’essence contenue dans la variation des tons, la clarté, la profondeur.

Dépouiller la forme figurative, évacuer la question du sujet pour peindre ce que l’on a devant soi. L’artiste va chercher dans son travail de composition qu’il découpe en plusieurs séquences et en plusieurs temps, la nonchalance de modèles à l’état de repos, tranquilles, sereins. Pourtant, ce composé de réalité, finalement dense et intense, est loin de se montrer paresseux, dissout la dureté minérale des gris pour en faire des bleus, des bruns, pour arracher avec force un peu de douceur à la rigidité.

« J’ai envie d’être heureux » confie Simon Martin, le visage apaisé à l’image de ses figures. Les troubles perceptifs à l’œuvre dans ses tableaux s’immiscent dans un espace entre spontanéité et composition. Au service de l’expression, la lumière-matière délaisse la narration pour programmer son propre voyage où la puissance se montre paisible, où somnole le grandiose.

Elisa Rigoulet

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Les peintures de Simon Martin sont le fruit d’une observation attentive de certains détails issus de son environnement quotidien ou d’œuvres auxquelles le relie un sentiment d’empathie. C’est un processus lent d’imprégnation, un peu à la manière d’un appareil enregistreur qui absorberait le visible pour en restituer certains frag- ments longuement mûris et choisis.

La matière picturale légère et douce semble perçue au travers d’un filtre qui atténue l’éclat des couleurs afin qu’il ne blesse pas la vue. Les figures sont des ombres, elles surgissent du plan de la toile comme si elles survenaient depuis la surface d’un mur poreux et lavé par la pluie.

Il y aussi l’idée d’un recouvrement, d’une ellipse des choses, choses invisibles mais présentes sous la peinture qui de façon ténue les recouvre. Le visible n’en prend que plus de force, comme la partie émergée d’un iceberg dont la blancheur scintille à l’horizon.

Ce qui se donne à voir se lie ainsi avec ce qui échappe au regard, ces deux états fondus en un muralisme gris modulé par d’infimes variations de bleu ou de rose.

C’est une peinture de la nuance élaborée entre le presque rien et le presque tout, suggestion d’images pensées et formées à partir des collisions entre mémoire et présent, présent perceptible au travers d’une porte, d’un meuble Ikea ou de l’évocation d’un visage, indices d’une réalité assimilée à une situation mentale et physique.

Depuis cette situation qui est celle d’une conscience, Simon Martin développe un art subtil, traducteur pictural de la présence des objets et des êtres, présence discrète et précise comme le tressaillement d’un feuillage agité par la brise.